dimanche 13 avril 2008

Programme Alimentation Insertion 2008 : l'engagement de la Fédération

Discours de Madame la Ministre Christine BOUTIN, le 18/02/08 pour le lancement du « Programme alimentation insertion » 2008

Monsieur le Président de l’ANIA (M. Jean-René Buisson) Madame le délégué général de l’ANIA (Mme Catherine Chapalain) Mesdames et Messieurs les présidents et responsables d’associations Mesdames et Messieurs les directeurs de groupes de l’industrie alimentaire Chers amis,
Cette soirée est pour moi, un acte de reconnaissance de l’action qui est la vôtre. Et je suis très heureuse de pouvoir vous accueillir, ici à l’Hôtel de Castries.
Les Français sont attachés à la solidarité qui s’exerce envers les personnes les plus défavorisées, les plus durablement isolées, les plus fragilisées par les accidents de la vie. Ils souhaitent que notre société épaule tous ceux qui ont besoin d’une assistance momentanée.
En France, l’accès de tous à une alimentation équilibrée ne va pas de soi.
Au nom de la justice sociale, au nom d’une certaine conception de la dignité de la personne, nombreux sont ceux dans notre pays qui ont décidé d’agir.
Le « Programme alimentation insertion » lancé en 2003 par Dominique Vers ini, est soutenu par les pouvoirs publics - en particulier la Direction générale de l’action sociale et sa représentante ici présente, MMe Marianne STOROGENKO.
Mais ce programme de solidarité est également généreusement soutenu par le secteur privé. Et, je veux rendre hommage ce soir au travail de l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA), qui finance le PAI à hauteur de 100 000 € par an depuis 4 ans.
Je remercie, ce faisant, tous les partenaires du PAI : les industriels mécènes : Nestlé, Kraft, Eurogerm, mais aussi l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) et le Centre de recherche et d’information nutritionnelle (CERIN), dont les représentants ont répondu à l’appel ce soir. Ils apportent la preuve que la France est non seulement une grande nation de solidarité publique mais aussi, - et on ne le souligne jamais assez - un grand pays de solidarité privée. L’engagement des groupes de l’agro alimentaire dans ce programme est un atout considérable.
Je salue bien sûr les associations qui distribuent l’aide alimentaire aux plus démunis : Les Restos du coeur, La Fédération des Banques alimentaires, la Croix Rouge, le Secours populaire, le Secours Catholique, Emmaüs, ANDES et la Fédération des paniers de la mer. Tous leurs salariés, tous leurs bénévoles consacrent leur temps à l’accompagnement des personnes que la société a marginalisées. Je n’oublie pas que l’aide alimentaire, au-delà d’être une nécessité vitale, c’est aussi une occasion d’échange. Le lien tissé entre les bénévoles et les bénéficiaires n’a pas de prix pour aider ceux qui en ont besoin à renouer avec l’espoir et à ne pas baisser les bras.
Les outils du PAI pour la campagne 2007-2008 sont diffusés aux associations locales . Je les trouve remarquables, parce qu’ils sont très pédagogiques et attractifs : 350 000 calendriers avec des recettes simples, équilibrées et pas chères ; 48 000 affiches sur les thèmes : bouger / boire de l’eau / manger des fruits et des légumes / manger ensemble : les fondamentaux d’une bonne hygiène de vie. Je veux ici rendre un hommage appuyé à l’agence de communication Proteïnes / Incorporesano, qui depuis 2003 forge ces outils de communication à l’attention des personnes les plus démunies. La campagne 2008 démontre une nouvelle fois leur talent !
Les études de l’Insee, de l’INRA, comme la connaissance du terrain le confirment : les déséquilibres alimentaires et l’obésité sont liés à la position sociale. L’obésité, ce mal du siècle, qui est reconnu désormais par l’OMS comme une maladie, touche de plein fouet les populations précaires. Les plus pauvres ne disposent pas des même moyens pour lutter contre cette lourde menace sanitaire et financière. Il devenait impératif de mieux prévenir ce fléau. Le PAI y contribue.
Mesdames, Messieurs, La PAI est pour moi un volet indispensable de l’aide alimentaire au sens large .
Pour moi, l’aide alimentaire, c’est le « minimum minimorum ». Ce qui ne peut souffrir le moindre rationnement, la moindre contre-partie, le plus petit débat. C’est la raison pour laquelle, je me suis fortement mobilisée cet hiver avec mon collègue Michel BARNIER, pour faire face à la hausse du prix des produits agricoles. J’ai uni toutes les forces pour parer à l’éventualité d’une rupture des livraisons de produits de première nécessité. Des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dépendent de cette aide pour se nourrir chaque jour, à peu près convenablement. Il fallait agir. Nous l’avons fait.
Et pour permettre au « Programme alimentation insertion » d’être encore davantage au service des plus démunis, je vous annonce que l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, l’INPES, vient de débloquer 900 000 € sur 2 ans.
Ces crédits permettront notamment la formation de bénévoles dans les associations d’aide aux plus démunis, pour qu’ils puissent transmettre aux personnes accueillies, toutes les préconisations utiles en matière d’alimentation équilibrée.
Cela permettra au « Programme alimentation insertion » de remplir encore mieux son double objectif de santé publique et d’insertion, en renforçant le dialogue et le lien social à partir du thème de l’alimentation.
Mesdames et Messieurs, Une fois encore, merci à tous de contribuer à traiter l’une des difficultés les plus aiguës de la société française. Merci de faire vivre les valeurs de responsabilité et d’engagement personnel au service des plus pauvres. Merci de nourrir la chaîne de solidarité qui fait l’honneur de notre pays.
Vous pouvez compter sur moi pour la poursuite du PAI aux côtés de l’ANIA et de tous les partenaires du PAI.
Je vous remercie.
* seul le prononcé fait foi

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